Puisque easterposer a mis un texte de Jean Borella, je crois qu’il y a certaines remarques qui sont nécessaires.
D’abord, malgré le très grand intérêt de la chose, je crois qu’il faut éviter de rentrer dans ce genre de considérations sur ce fil, sauf si cela est strictement indispensable.
La première chose qu’il faut garder à l’esprit, je crois, c’est que nous parlons de faits réels qui se passent en ce moment, et que les victimes (celles qui ont survécu, et les familles des disparus), les victimes peuvent lire ce forum et ce fil. Donc ce serait la moindre des choses que d’avoir un comportement décent.
Je ne dis pas cela pour easterposer, cela va de soi, mais il suffit de se reporter aux fils où il a été question de « doctrines traditionnelles » (il faut mettre des guillemets, vu la nature de certains messages) pour voir ce que cela donne.
L’affaire Roche est une affaire réelle, et c’est une affaire criminelle, ainsi qu’une affaire politique. Il importe assez peu de savoir si les gens qui luttent pour que la vérité soit faite soient croyants, athées, et qu’ils aient telle ou telle conception théologique ou politique.
Donc, les discussions théoriques sur le satanisme ou la contre-initiation sont vraiment hors de propos sur ce fil.
Ceci étant dit, il était peut-être opportun de mettre ce texte de Jean Borella.
1) Ce texte nous rappelle que ce type d’organisations a une existence très ancienne. Ceux qui en douteraient pourraient se reporter à l’histoire de Gilles de Rais, mais ce genre d’histoires de meurtres sataniques est attesté bien avant et bien après cette époque. Il est important de souligner que la reconnaissance de ces faits n’a rien à voir avec le fait de croire en l’existence du diable : il s’agit de la reconnaissance d’un fait, c’est-à-dire de l’existence d’un certain type d’organisations.
2) Je cite un passage qui me paraît significatif :
Citation:
A contrario, beaucoup de ceux qui « se savent gnostiques », c’est-à-dire qui prétendent avoir accès à la gnose « par delà le bien et le mal », sont aussi ceux qui parfois s’adonnent aux pratiques les plus ignobles et les plus bestiales. On retrouve alors ici un courant moderne bien connu qui, dans la lignée de l’ennuyeux Sade, conduit à l’exaltation de la violence destructrice de toute nature – c’est en réalité une révolte contre le don de la création – et à cette « part maudite » dont Georges Bataille s’est voulu le « prophète ».
A ce sujet, il faut d’abord rappeler que certaines expressions, comme « par delà le bien et le mal » sont tout à fait susceptibles d’une signification traditionnelle légitime. On peut peut-être rappeler ce que disait Ananda K. Coomaraswamy : si le but de la voie est bien au-delà du bien et du mal, les moyens ne le sont pas.
De même, il est opportun de rappeler qu’il y a bien des pratiques sexuelles initiatiques tout à fait traditionnelles, et on se réfère souvent sous ce rapport au Tantrisme, même si il serait erroné de croire que ce genre de pratique est limitée à l’Hindouisme et au Bouddhisme.
Mais ce qui est vrai, c’est que non seulement Nietzsche, mais des textes traditionnels peuvent être utilisés pour servir de caution à ce genre de monstruosités. Ce n’est pas un hasard si, au cours de la soirée dans
Eyes Wide Shut, on entend chanter la
Bhagavad Gîtâ (ce qui a d’ailleurs valu au film d’être interdit en Inde) : toutes les organisations de ce genre se réclament de cautions de cet ordre.
Une fois que ces choses sont dites, il faut en tenir compte comme d’un élément qui intervient dans ces organisations, mais pas plus.
Ce que je veux dire, c’est que ce qui importe, c’est que la vérité soit faite sur ce qui se passe, et que ces organisations soient démantelées, et non pas de savoir quelle erreur philosophique ou doctrinale est à l’origine de ces groupes.
Quant aux descriptions que fait Saint Epiphane, on peut les comparer à ce témoignage rapporté par Serge Garde (que j’ai mis en ligne dans son intégralité sur ce fil) :
Citation:
Autre affaire. Paul, douze ans, dénonce plusieurs membres de sa famille agissant au sein d’un groupe sectaire, de tendance sataniste : " Ma marraine est entrée avec un bébé de quelques mois et elle l’a donné au grand-père. Le grand père a fait passer le bébé et il m’a donné un grand couteau avec des signes comme des lettres en bâton. Il m’a pris la main et il dirigea le couteau vers le bébé et on a tué le bébé. Il a récupéré le sang et nous l’avons bu un à un. Le grand-père m’a emmené dans l’ancienne maison de sa mère. Il a posé le bébé sur le lavabo en pierre et a repris le même couteau qu’il avait pris pour la cérémonie du sacrifice, il a récupéré une fois encore le sang et a commencé à découper l’enfant.".
Mais là encore, il y a des choses qu’il faut rappeler : qu’il y ait des satanistes conscients parmi les gens qui participent aux soirées meurtrières, c’est certain, mais une grande partie d’entre eux peuvent très bien ne pas croire à l’existence du diable.
En revanche, on ne voit pas très bien ce qu’une personne qui se dit ouvertement sataniste pourrait avoir à dire contre ce genre de pratiques, et on peut donc se poser des questions sur des individus d’apparence insignifiants qui se disent satanistes, et portent des emblèmes sataniques, comme la jeune fille dont Bibi Clemenceau a parlé ailleurs.